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Texte à résumer dans l’esprit de CCS (01) thème : « Expériences de la nature »

Consigne : Vous résumerez le texte ci-dessous en 200 mots avec une marge de 10 en plus ou en moins. 

Texte :

« Le monde vivant étonne dès l’abord par sa prodigieuse diversité. Dans la forêt tempérée, au sous-bois riche de cohortes d’arbustes et de plantes herbacées, se dissimulent des animaux relevant de centaines d’espèces, des oiseaux aux humbles animalcules tapis dans l’humus. La forêt humide des tropiques est plus opulente encore : les botanistes n’ont-ils pas recensé près de trois mille espèces végétales croissant sur deux kilomètres carrés de forêt amazonienne ? La faune grouillant sur les plages et les grèves témoigne de la même variété. Le monde vivant prend ainsi l’allure d’une galaxie, où plantes et animaux cohabitent par myriades. En dressant l’inventaire des espèces, les naturalistes ont depuis longtemps confirmé les impressions de ceux qui s’extasient devant cette prodigalité. Le monde actuel ne comprend certes que neuf mille espèces d’oiseaux, trois mille cinq cents mammifères et six mille reptiles et amphibiens. Mais les poissons sont vingt mille, les vers vingt-cinq mille et les mollusques quatre-vingt mille. Les insectes comptent un million d’espèces connues, et vraisemblablement trois fois plus restent à découvrir et à pourvoir d’un nom latin.

Les végétaux ne leur cèdent guère en nombre. Les plantes vertes sont représentées au moins par quatre cent mille espèces bien différenciées. Les champignons, algues et diatomées sont bien plus nombreux, tout comme les bactéries. Et les inventaires sont loin d’être clos. Chaque année les spécialistes donnent une identité à quelque cinq mille végétaux nouveaux pour la science. Nous ne sommes pas à la fin de nos surprises dès que nous pénétrons dans le monde infini des organismes marins et des tout petits de l’humus et des sables.

Les unités fonctionnelles du monde vivant loin de s’aligner en une simple juxtaposition d’éléments disparates, les innombrables formes sous lesquelles la matière vivante s’est individualisée s’ordonnent en systèmes homogènes. Évoluées dans une dépendance réciproque, toutes s’assemblent en communautés liées à leur substrat solide ou liquide, formant avec lui des unités fonctionnelles baptisées écosystèmes. Elles en tirent leur substance, leur restituent leurs déchets et leurs dépouilles et constituent ainsi des ensembles dont chaque élément entretient avec son prochain des relations privilégiées. Une forêt, un océan en sont de gigantesques ; une mare en est le modèle réduit. Ces ensembles dynamiques et bien ajustés s’articulent entre eux comme les pièces d’un puzzle en un système unique, la biosphère, mince couche de matière vivante qui encercle les parties inertes de la planète. Elle s’enfonce à peine dans les couches superficielles de la croûte solide, et plus profondément dans les eaux marines ; elle ne colonise que les strates les plus basses de l’atmosphère. Les végétaux verts, moteurs de l’univers Ce système homogène fonctionne selon des règles aussi précises que celles de la mécanique céleste, quoique plus riches en cas particuliers. Les êtres qui le composent se divisent aisément en trois catégories. La première rassemble ceux qui transforment la matière inerte en matière organisée grâce à l’énergie venue du soleil sous forme de rayonnement. Les plantes vertes – arbres gigantesques des forêts tropicales ou algues microscopiques – , fixent une partie de cette énergie grâce aux processus à première vue magiques de la synthèse chlorophyllienne. Elles prélèvent le gaz carbonique de l’air, l’eau contenue dans le sol, et par une puissante catalyse qui en réconcilie les éléments, synthétisent des sucres. Un chimisme complexe mène ensuite à d’innombrables substances organiques, avec le concours d’une longue suite de sels minéraux prélevés à même le sol.

Hormis les plantes vertes, tous les êtres vivants ne sont donc que de simples consommateurs. Certains se nourrissent directement aux dépens des végétaux. Des légions d’insectes découpent et grignotent les feuilles, dévorent le bois ou pompent la sève. Les rongeurs rongent, attaquent fruits, feuilles ou graines. Des oiseaux trouvent dans les grains qu’ils savent décortiquer des aliments à haut potentiel énergétique. Pour les mammifères qui broutent ou qui paissent – antilopes, bœufs, buffles, cerfs ou chevreuils – , herbes, feuillages et ramures sont nourriture de choix. Chacun des animaux est à son tour la proie de prédateurs, eux-mêmes dévorés par d’autres. Le puceron phytophage est pourchassé par un insecte carnivore, qui bientôt servira de nourriture à une mésange ou à une fauvette, toutes deux victimes de l’épervier. Dans les mers, l’algue microscopique est mangée par un animalcule planctonique guère plus gros, lui-même dévoré par un autre qui le dépasse en taille, avant de finir dans l’estomac d’un poisson que mangera un plus grand, à son tour victime d’un thon, d’un requin. À travers le monde s’étirent ainsi de multiples séquences auxquelles les écologistes donnent le nom de chaînes alimentaires. Chaque animal, tour à tour prédateur et proie, participe à un festin avant d’être à son heure le mets dont les autres se repaissent. Aucune morale n’est à chercher dans cette histoire. La vie ne s’entretient que par la mort, cela est bien connu.

Les chaînes alimentaires sont rarement rectilignes. Bien des consommateurs se nourrissent aux dépens de plusieurs catégories de proies ou d’aliments ; ils sont à leur tour chassés par des prédateurs disposés eux-  mêmes à plusieurs étages. La vie forme de ce fait un inextricable lacis, un tissu serré aux connexions multiples. Sa solidité dépend de relations simultanées agissant en concordance parfaite. Chacun occupe une place précise dans cette trame. Acteur, il joue le rôle que lui assigne le livret d’un drame aux épisodes multiples. Pièce d’une mécanique rigoureuse, il est un rouage, grand ou petit, essentiel ou accessoire, mais toujours à sa place, engrené de manière souple mais précise parmi ceux qui l’avoisinent. Chacun transmet un mouvement dans la machine de la vie, charrie une fraction d’énergie, permet à d’autres d’agir et de prospérer dans un concert universel.

Aux producteurs et aux consommateurs s’ajoute nécessairement une troisième catégorie d’êtres vivants : les décomposeurs. À tous les niveaux les mécanismes de la vie accumulent les déchets : organes morts des plantes après la fructification, feuillages tombés au sol, déjections et cadavres d’animaux. Il s’agit d’abord d’assurer l’indispensable voirie. La nature fait son propre ménage, en utilisant les bons offices de charognards, vautours, chacals et hyènes, et de coprophages amateurs d’excréments : les bousiers roulant leur boule, symbole du monde pour les Égyptiens de l’Antiquité, n’en sont que les mieux connus.

Ensuite, et surtout, il convient de décomposer véritablement la matière organisée parvenue au terme de sa course et de la réduire en éléments susceptibles d’être recyclés. Cette tâche est celle d’armées de détritivores microscopiques qui attaquent cadavres et déchets : minuscules animaux, micro-organismes de tous genres, champignons et bactéries disposent à cette fin de moyens mécaniques et surtout d’armes chimiques redoutables. La matière organisée éclate sous leur action. Une bonne partie sera ramenée à son stade minéral. Les éléments revenus au sol et absorbés par les plantes, repartent pour un cycle nouveau. Pour une autre part, les grosses molécules constituant la matière vivante vont être simplement réduites en composants plus simples et intégrées dans une substance organique très particulière, l’humus. Des animalcules, acariens et collemboles, appartenant à d’innombrables espèces et tous d’une incroyable densité – on les compte par dizaines et même par centaines de milliers au mètre carré – vivent aux dépens de cette matière et se trouvent à l’origine d’un nouveau parcours de la vie. Les lombrics, nos vulgaires vers de terre, accomplissent un travail similaire avec encore plus d’efficacité : en soixante-cinq ans, toute la partie superficielle du sol a passé par leur tube digestif. Il est vrai qu’ils sont parfois deux millions et demi sur un hectare, et dans notre Europe, pourtant surpeuplée, la biomasse des lombrics dépasse celle des hommes. »

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