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Résumé de texte, format CNC/CCINP/ E3A (1)

Thème de français-philosophie des CPGE scientifiques pour l'année 2021-2022: "L'enfance"

Oeuvres au programme:


                                         

Profils des oeuvres au programme de l'année 2021-2022 des CPGE scientifiques (thème: L'Enfance)

                                                               

Consigne :

Vous résumerez le texte suivant en 100 mots avec un écart de 10% en plus ou en moins. Vous indiquerez par une barre chaque vingtaine de mots.

Texte :

« Quand on n’a fait qu’accomplir « un tas de choses » dans la vie, on n’a pas atteint grand-chose et on n’a pas réussi dans la vie. A la question de savoir ce que les hommes veulent donc atteindre avant tout, je me dis que le premier but des hommes est tout de même le bonheur. Sous le nom de bonheur, je me figure un état qui consiste en ce que le fait d’exister ne constitue en aucune manière un tourment pour l’homme, qu’on aime bien vivre et même que la vie vous apporte du plaisir. Je ne connais pas cet état et je ne l’ai jamais connu. La faculté d’être heureux est détruite en moi. Sans doute est-ce là le signe authentique de la névrose : névrosé est celui qui ne peut pas être heureux. L’expression la plus nette de cette impuissance au bonheur est assurément l’impuissance sexuelle. […] Un autre signe typique de la névrose est que je ne peux pas rire. Signe peut-être un peu moins dramatique que celui qui a trait au sexe, mais qui n’en est pas moins accablant pour cela. S’il est tellement accablant, c’est parce qu’on ne peut pas, non plus, forcer le rire. Je ne peux pas rire parce que ça ne rit pas en moi. Cela aussi, c’est une incapacité et une impuissance qu’on ne peut pas corriger par la volonté. Je ne peux pas m’ordonner de rire : ça ne rit pas, tout simplement, ça reste mort.

Mais le deuxième objectif de la vie humaine me paraît être le sens. Si l’on ne peut tout de même pas être heureux, l’on aimerait au moins que la vie, même la vie malheureuse, ait un sens. Cependant, d’après moi, la notion de sens est prétexte à toutes sortes de sottises. J’entends surtout par-là la tendance très en vogue à trouver à tout prix que tout a un sens. Coupable, au premier chef, de la perversion de la notion de « sens » est la religion chrétienne, sans aucun doute, qui nous enseigne qu’aucun moineau ne tombe du toit sans la volonté du constructeur de cet oiseau. Le dogme chrétien enseigne : si le moineau reste sur le toit, c’est voulu par Dieu et cela a un sens ; si le moineau tombe, c’est aussi voulu par Dieu et cela a un sens, seulement ce sens, nous ne le comprenons pas. […] Ergo, tout a un sens. Il y a dans ce raisonnement une contradiction qui me dégoûte au point que je ne saurais la supporter sans rien faire. En un pareil moment, il faudrait carrément inventer Dieu qui a créé ce moineau (car personnellement, je crois qu’il n’existe pas) rien que pour lui casser la gueule.

  Ma conviction, c’est que le sens existe. Ce qui a pour conséquence nécessaire que le non-sens existe aussi. Il ne se peut donc pas que tout ait un sens ; certaines choses doivent être privées de sens. Même la vie d’un homme, on ne peut prétendre à tout prix qu’elle a un sens. […]

Toutefois je distingue encore un troisième objectif possible de la vie humaine, après le bonheur et après le sens, à savoir la clarté. Si je ne peux pas être heureux et si ma vie ne peut pas avoir de sens, je puis tout de même m’expliquer ce que je suis et ce qu’est ma vie. Dans ce sens je crois apercevoir clairement une certaine logique et cohérence de ma vie. J’ai déjà parlé du tempérament névrotique de mes parents et de ce qu’il me faut admettre qu’eux non plus n’étaient pas des gens heureux. Si je considère le déroulement de ma vie, il s’en dégage une logique catastrophique : la névrose de mes parents est cause de ma propre névrose ; ma névrose est cause du tourment de toute ma vie ; mon tourment est cause que j’ai contracté le cancer et le cancer est, finalement, la cause de ma mort. Ce n’est pas une histoire réjouissante mais elle est claire. […]

Je reconnais aussi la nécessité de tirer le meilleur parti de chaque situation, ce qui m’amène à la nécessité de l’honnêteté : une fois qu’on a reconnu qu’une cause est perdue, il est malhonnête de refuser de le constater. Mieux vaut une défaite avouée qu’inavouée. »

Fritz ZORN, Mars, Gallimard Folio, Paris,  1979 pour la traduction française, pp. 241-248.

Proposition de résumé

Charger sa vie n’en est pas la finalité. L’objectif de toute vie est le bonheur. Il est soustraction/ à la souffrance et accès au plaisir. Il m’est étranger vu ma névrose que trahissent  ma frigidité et mon/ inaptitude à rire.

         Mais, à défaut de bonheur, il y a  le sens qui est galvaudé : on donne un sens/ à tout. Cette dénaturation du sens remonte au christianisme pour justifier son dogme. Le sens est ; le non-sens aussi/  alors on ne peut attribuer un sens à tout.

       Cependant, il me reste la lucidité : ma vie est échec depuis/ ma névrose au cancer mortel, échec que j’assume honnêtement.

110  mots.

Résumé proposé par ELAMRAOUI Radouane

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3 commentaires

  1. C’est très intéressant ce que vous publiez. Merci cher ami pour la création de cet espace d’instruction et de partage.( Mortada)

  2. Bonsoir très cher ami MORTADA,
    J’espère que tu vas bien.
    Je tiens à t’exprimer ma gratitude pour ton passage et ton encouragement.
    S’agissant du partage, Yasmina KHADRA nous apprend qu’ “aucun bonheur n’est entier s’il n’est pas partagé.”

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